
Jean-Philippe Collard
Il est l’une des grandes figures françaises du piano, héritier d’une tradition à la fois raffinée et terrienne, où la virtuosité ne vaut jamais que par la profondeur du chant.
Sa discographie, qui dépasse aujourd’hui la soixantaine de titres, témoigne d’une curiosité large et d’un goût sûr pour les œuvres où le piano chante autant qu’il brille.
Au fil des années, il développe une relation singulière avec le son, presque amoureuse, comme l’a souligné un portrait récent le décrivant « par amour du son ».
De son ami Vladimir Horowitz, qu’il fréquente et admire, il retient le secret d’un chant profond et soutenu, cette façon de faire vibrer le clavier comme s’il s’agissait d’une voix humaine, jamais forcée, toujours tenue sur le souffle.
Au-delà de sa carrière de soliste, Jean-Philippe Collard s’engage aussi comme bâtisseur de scènes et passeur de musique. Il prend la direction artistique des Flâneries musicales de Reims, grand festival de sa région d’origine, qu’il dirige de 2012 à 2022.
Loin de céder au ressassement, il s’en sert pour réinventer sa pratique, comme lorsqu’il choisit de se replonger dans les Goyescas de Granados pour explorer leurs ombres et leurs lumières, leurs couleurs et leur vaste palette expressive, y trouvant un miroir de ses propres interrogations d’artiste mûr.
Transmettre et révéler la beauté des œuvres, explique-t-il, exige de partager ses propres émotions sans désir de conquête, comme une offrande faite au public après des centaines de concerts et une vie entière passée au clavier.